La préférence de prise de décision : le Cœur ou la Logique

La préférence de prise de décision : le Cœur ou la Logique

Préambule nécessaire :

Pour gagner en confiance en soi, il faut tout d’abord comprendre son propre fonctionnement. C’est en ce sens que nous allons décomposer ensemble toute votre “personnalité”. Ainsi vous allez être amené à vous auto-diagnostiquer, et vous allez vous rendre compte que votre schéma de fonctionnement physique et mental, est ancré en vous depuis votre naissance, qu’il est inné et que vous ne pouvez rien y faire… Enfin pas tout à fait, et c’est là que le MBTI prend toute sa valeur.

En améliorant la compréhension de votre propre fonctionnement, vous allez prendre conscience de certains mécanismes avec lesquels vous aviez toujours vécu et qui sont devenus naturels et automatiques pour vous. En comprenant et en acceptant que VOUS êtes fait comme cela, vous allez déjà commencer par vous enlever une charge mentale que vous perceviez peut-être même comme de la “culpabilité”. Vous êtes différent des autres, sur certains points mais c’est votre “cablage” à vous qui est comme ça. Vous n’êtes en rien coupable de quoi que ce soit.

La première étape est donc déjà de comprendre vos propres préférences de fonctionnement.

Pour rappel le MBTI regroupe l’ensemble des individus en 16 profils. Mais il est capital de savoir et d’accepter qu’il n’y a pas un de ces 16 “types” meilleur qu’un autre. En d’autres termes, ce n’est pas l’appartenance à telle ou telle groupe qui fera de vous quelqu’un de bien ou de mauvais.

Plusieurs preuves rationnelles peuvent en faire la démonstration. Sur les millions de nazis, statistiquement tous les types étaient représentés, idem pour les prix Nobel !

Le modèle inventé par Carl Jung ne fait que décrire votre mode de fonctionnement cérébral préféré, c’est à dire celui que vous allez choisir naturellement et prioritairement car vous vous sentez plus à l’aise. Ceci n’est pas conscient, en tous cas à l’origine, mais s’inscrit vraiment dans la nature profonde des individus.

Il y a donc 16 profils qui se composent tous de 4 lettres qui désignent chacune une caractéristique bien spécifique. Pour être puriste, il serait injuste de ne citer que Carl Jung comme père du modèle. En effet, si ce médecin psychiatre suisse a effectivement initié la démarche, nous devons à Myers Briggs (une mère et sa fille) le fait d’avoir complété le modèle en y rajoutant la 4ème lettre et toutes les “extensions” qui en ont découlé. Mais nous verrons cela par la suite.

Et donc un “type” se compose de 4 axes illustrés par 4 lettres.

En résumé nous trouverons :

– Le premier axe, définira la façon dont l’individu trouvera son énergie.

– Le second, caractérisera la préférence de la personne pour recueillir l’information au quotidien

– La troisième, donnera des indications sur la manière privilégiée de réagir face à cette information c’est à dire la prise de décision

– Et enfin la dernière lettre, précisera la préférence de mode d’action, autrement appelé le style de vie

Là où le modèle dépasse la simple addition de données c’est qu’il s’attache aux combinaisons et au relations qu’elles on entre elles… Mais ça ce sera pour un peu plus tard.

Après avoir vu précédemment le premier axe “d’énergisation”, puis celui de la préférence lors du recueil de l’information, nous allons nous pencher sur la troisième dimension du modèle, l’axe du mode de prise de décision de l’individu.

1) Les deux modes de prise de décision :

Chaque individu décide en utilisant à la fois son cœur et sa raison (c’est à dire les éléments factuels). Personne ne peut procéder en omettant complètement l’un ou l’autre et comme pour les axes précédents, on peut le schématiser sous la forme d’un curseur. Néanmoins, nous avons tous des préférences, qui sont également nos facilités pour “trancher”.

le cœur et la tête comme mode de décision

a) Le mode Feeling (F), c’est à dire avec le cœur :

Les personnes dites “Feeling”, c’est à dire privilégiant comme mode de prise de décision, la prise en considération de leurs émotions, schématiquement de leur cœur, chercheront avant tout à distinguer le bon du mal. Cette démarche faisant ainsi abstraction, en partie, d’éléments factuels.

Dans leur processus de prise de décision, ces personnes tendront à s’appuyer avant tout sur leurs valeurs personnelles tout en suivant leur sensibilité. Elles veilleront de manière générale à évoluer dans une ambiance chaleureuse et accorderont une certaine importance au regard des autres. Chez elles, le besoin de se sentir acceptées et considérées revêtira une importance cruciale. Dans leurs choix, elles chercheront toujours à partir de critères affectifs, l’utilisation de leur logique ne passant qu’après dans l’ordre de leur processus de décision.

En général les personnes privilégiant ce mode plutôt subjectif, seront très douées dans la gestion des relations personnelles et humaines. Elles mettront au cœur de leur processus de décision leurs valeurs, leurs impressions personnelles et rechercheront avant tout l’harmonie.

le cœur le feeling

b) Le mode Thinking (T) c’est à dire avec la tête, la raison :

Les individus qui auront une prédilection pour la logique, le rationnel, chercheront avant tout à distinguer le vrai du faux. Ils mettront de côté (ou presque) l’aspect émotionnel de la situation.

Dans leur processus de prise de décision, ils auront plutôt tendance à partir de faits tangibles, indiscutables. Ils chercheront toujours à partir de critères objectifs tout en analysant les causes et les effets. Leur but sera d’être le plus juste et efficace possible, en utilisant prioritairement (mais pas uniquement) leur tête. Le cœur passant après.

En général les personnes privilégiant ce mode plutôt objectif, seront douées pour analyser une situation et en tirer des ‘pour-actions’ indiscutables. Elles aimeront s’appuyer sur des règles ou des lois.

Notre schéma interne laissera ainsi plus de place à l’aspect émotionnel ou à l’aspect logique. Mais nous parlons, bien, ici des processus privilégiés par l’individu et non du résultat de sa décision (qui peut être le même que l’on utilise majoritairement son cœur ou sa raison).

la tête thinking la logique

2) Caractéristiques et distinctions entre les deux types de préférences :

a) Caractéristiques de ceux qui privilégient leur cœur (F) :

– ils seront naturellement impliqués dans la situation, ils vivent le moment (le ressentent) et c’est justement cette caractéristique qui leur confère cette faculté naturelle à faire régner l’harmonie.

– ils auront un sens des valeurs très développé

– ils auront une facilité pour se mettre à la place des gens et ressentir leurs émotions

– ils seront doués pour écouter et comprendre les gens

– dans une situation de jugement critique, les F commenceront spontanément par une appréciation positive avant d’aborder les problèmes qui fâchent.

Mais :

– ils auront du mal à être logique et analyser les faits avec recul (se laissant dominer par leur ressenti)

– Ils pourront paraître comme manquant de détermination (du fait de leur trop grande quête d’harmonie)

b ) Caractéristiques de ceux qui utilisent prioritairement leur tête (T) :

– prise de recul naturelle par rapport aux événements qui leur permet d’être impartiaux, de se baser sur les faits

– ils auront un esprit logique, rationnel qui aime s’appuyer sur des éléments indiscutables (A+B=C donc C-B=A)

– cet esprit leur permettra d’être au clair et alignés avec leurs pensées

– dans une situation de jugement critique, les T commenceront naturellement par corriger ce qui ne va pas et ensuite seulement en viendront à complimenter

Cependant :

– ils pourront donner une impression de froideur et de dureté dans leurs relations

– la fermeté les caractérisant pourra être interprétée comme une rigidité

– ils peuvent tomber dans un excès de compétition (par orgueil)

– s’ils prennent en considération les sentiments des autres, ce ne sera que comme un élément supplémentaire, un critère qui viendra étoffer leur liste d’informations leur permettant de “décider au plus juste”.

– ils pourront mettre du temps à ressentir leurs émotions

incompréhension entre un penseur et un sentimental

3) Quand un Thinking (T) rencontre un Feeling (F) :

a) Incompréhension n°1 : dans la manière de réceptionner “la critique”

Dans la façon d’entendre un jugement critique de l’autre, une première incompréhension peut apparaître. Tandis que l’individu T appréciera que son interlocuteur lui signale ce qu’il jugera être un point d’amélioration possible, le F, pour sa part, pourra se vexer en considérant qu’il est considéré comme, “pas à la hauteur” pour ne pas dire pire.

Dans ce cas précis, c’est au niveau de l’interprétation que se situe l’origine de l’incompréhension. Pour un T ce n’est pas lui qui est perfectible, c’est son action, son travail. Tandis que le F, prendra cette remarque personnellement en se sentant intimement jugé comme “pouvant mieux faire” (ou mauvais).

D’où l’importance d’adapter la forme de sa communication à la personne à qui l’on s’adresse tout simplement dans un but de motivation et d’efficacité. Un T pourra être troublé et décontenancé par une explication toute en rondeurs (lui qui attend du factuel) et un F, perdra ses moyens face à un discours trop franc et trop direct, qui ne s’embarrasse pas des formes.

adapter sa communication pour plus d'efficacité

b) Incompréhension n°2 : faire une mauvaise première impression

Certes, cet article parle des différences de mode de prise de décision. Mais comme tout un chacun, nous émettons au quotidien et continuellement des jugements sur ce qui nous entoure (les choses comme les êtres). C’est là que peuvent surgir également dès les premières minutes, ce que l’on pourrait appeler “traits de personnalité caricaturaux”. Ainsi une personne F, dans les premiers instants, pourra percevoir un individu T comme froid et hautain. Qui plus est, l’individu F interprétant le moindre jugement comme une critique personnelle, l’image condescendante du T n’en sera que renforcée.

A l’inverse, le F sera perçu aux yeux du T comme quelqu’un de faible, trop sensible et donc facilement influençable. Et s’il cherche trop à éviter le conflit et à utiliser sa “force empathique”, il ne fera qu’appuyer l’image de quelqu’un incapable de surpasser ses sentiments…

Il y a donc un gros risque à enfermer l’autre dans une case qui n’est en fait qu’une facette prononcée de ce qu’il est.

c) Incompréhension n°3 : dans le comportement adopté en présence de l’autre

“La tolérance, c’est l’attitude qui consiste à admettre chez autrui une manière de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-même”.

Sans cet effort, de la part de chaque partie, on se retrouvera rapidement dans des situations de tensions et d’incompréhension. Un T devra prendre conscience qu’en présence d’une personne F, il devra éviter de s’opposer trop frontalement pour provoquer une discussion de points de vue (même si cela l’intéresserait sincèrement d’échanger des arguments). Apprendre à gérer la sensibilité de l’autre passera par des étapes contre-intuitives pour lui, mais nécessaires comme le simple fait d’atténuer le “conflit d’idées” par des formulations telles : “je vois ce que tu veux dire, mais personnellement je vois les choses différemment”… plutôt que “Non je ne suis pas d’accord, parce que pour moi…”.

incompréhension entre un penseur et un sentimental

De son côté, la personne F si elle veut elle aussi améliorer sa communication et le ton de son échange avec un individu T, pourra par exemple éviter (en forçant sa nature) de rester dans le flou sans trop s’affirmer. Contrairement à ce qu’elle pense, une réponse franche et directe (même si elle va à l’encontre de l’opinion émise par son homologue) aura le mérite de la clarté, ce qu’apprécient tant les personnes Thinking”.

En synthèse, le compromis entre les deux attitudes porte un nom, il s’agit de l’assertivité, c’est à dire une main de fer dans un gant de velours. Etre capable d’exprimer ses idées et opinions sans dévier de son but, mais en y mettant de la rondeur.

Conclusion :

Nous venons, donc de détailler la troisième dimension du modèle MBTI de Carl Gustav Jung, celle de la prise de décision. Nous avons tous les deux fonctionnements en nous mais forcément aussi, une prédilection intrinsèque. Cependant, il est nécessaire de prendre du recul quant à certains raccourcis… Tout comme il ne faut pas confondre la préférence pour le “F”, avec la préférence pour les “émotions pures”, il est erroné d’assimiler le réflexe d’utiliser la fonction “T”, à l’intelligence. Ce sont juste des “cablages” de cerveau, qui sont innés, et qui font que nous réagirons de telle ou telle manière. Rien de plus.

Prise-de-décision

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