La luminosité pèse plus que le thème sombre

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Wellington Oliveira a publié en 2026 An Empirical Analysis of Mobile Energy Consumption Across User Configurations, une étude de 879 combinaisons sur un Galaxy S23 Ultra. Le constat le plus net concerne la luminosité : entre 0 et 100 %, la consommation a augmenté de 86,5 % en moyenne. Le thème sombre, lui, n’a réduit la dépense que de 1,4 % sur l’ensemble des essais.

L’écart est assez large pour dominer tous les autres réglages mesurés dans le même protocole, sans devenir une règle universelle.

Le résultat vaut pour ce téléphone, ces scripts et ces réglages. Que l’écran affiche une conversation, une vidéo ou un compte 1xBet, le protocole cherche surtout à isoler l’effet des paramètres du téléphone. Il ne dit pas qu’une application précise consomme toujours plus qu’une autre dans la vie courante.

Oliveira a fait tourner des scripts, pas des journées humaines. WhatsApp, Instagram, TikTok, YouTube et la lampe de poche ont servi de charges. Quinze répétitions par combinaison ont produit plus de 13 000 relevés bruts ; après filtrage des écarts, plus de 12 600 points sont restés. Un seul appareil : un Galaxy S23 Ultra, batterie de 5 000 mAh, écran AMOLED à 120 Hz. Les joules viennent des logs Android, pas d’un wattmètre branché sur la batterie.

Ce que les scripts ont vraiment tapé

WhatsApp ouvrait une conversation et envoyait 100 ou 200 caractères. Instagram et TikTok défilaient puis marquaient une pause. YouTube ouvrait la même vidéo, réglait la définition, sautait aux deux tiers et jouait 15 ou 30 secondes.

La lampe a été testée à part, pendant 15, 30 ou 60 secondes, à plusieurs intensités. L’intensité n’a pas produit d’écart statistiquement net. La durée, si : +59,9 % à 30 secondes et +233,2 % à 60 secondes, par rapport à 15 secondes.

YouTube, à l’inverse, n’a gagné que 5,5 % d’énergie à la définition la plus élevée testée. L’écart entre 720p et 1440p n’était pas significatif. Baisser la définition n’apparaît donc pas, dans cet essai, comme le premier levier.

Quatre réglages ou comparaisons n’ont, eux, produit aucun effet net dans ce protocole.

  • Mode avion : aucun effet statistiquement net sur ces charges
  • Intensité de la lampe : pas d’écart net dans les durées testées

YouTube, 720p contre 1440p : pas d’écart net

  • WhatsApp et le rafraîchissement : seul script sans vidéo, seul à ne pas monter avec les hertz

Ces résultats vont à l’encontre de plusieurs conseils souvent répétés. Dans ce protocole, certains n’ont simplement pas tenu. Le reste de l’étude ramène surtout à quatre variables : la luminosité, le thème, l’économie d’énergie et le taux de rafraîchissement.

L’écran d’abord, le thème ensuite

La luminosité a été le levier le plus large. Instagram a pris +96,8 % entre 0 et 100 %. WhatsApp a pris +210,2 %. À 50 %, la moyenne de toutes les applis était déjà à +46 %. Oliveira rappelle qu’un écran à 0 % n’est pas un réglage réaliste pour un usage permanent ; l’intérêt de la comparaison est donc surtout de mesurer l’amplitude.

Le thème sombre a retranché 2,4 % sur Instagram et 3,8 % sur WhatsApp, soit 1,4 % sur l’ensemble. Ailleurs, l’effet était faible ou absent. L’étude souligne aussi qu’un thème très sombre peut conduire certains utilisateurs à remonter la luminosité, ce qui peut réduire le gain attendu.

L’économie d’énergie a davantage pesé : −14,0 % sur YouTube et −7,3 % sur TikTok, sans effet significatif sur WhatsApp. Sur ce banc, ce mode limitait notamment le processeur à 70 %, coupait l’affichage permanent et appliquait un sombre système distinct du thème propre à chaque application.

Le taux de rafraîchissement a surtout compté sur YouTube. Le passage de 30 à 120 Hz a augmenté la consommation de 10,8 % en moyenne, avec un maximum de 16,3 % sur YouTube. À 60 Hz, la hausse moyenne n’était plus que de 3,7 %.

Une application ne garde pas toujours le même profil

Le protocole fixe les tâches pour pouvoir comparer les réglages, mais une application réelle change avec ses versions. Une interface, un moteur vidéo ou une synchronisation en arrière-plan peuvent être modifiés sans que l’utilisateur touche à la luminosité ou au taux de rafraîchissement.

Une mise à jour peut ainsi modifier le comportement d’une version mobile pour Android sans que l’effet vienne du téléphone lui-même. C’est précisément pour éviter ce mélange que l’étude utilise des scénarios répétés : même appareil, même tâche, mêmes durées, puis un seul réglage changé à la fois.

Cette limite compte lorsqu’on lit les chiffres. Ils décrivent ce qui s’est passé avec les versions d’applications et le système présents pendant l’expérience. Ils ne garantissent pas qu’une future mise à jour produira exactement les mêmes écarts.

Le temps d’écran ne coûte pas pareil partout

Doubler une durée n’a pas doublé la consommation de façon uniforme. Instagram a bondi de 259 % entre 15 et 30 secondes. TikTok a pris 44,5 %. YouTube a pris 21,8 %. Oliveira y voit surtout le poids du traitement vidéo et du comportement propre à chaque application, pas une règle linéaire valable partout.

Parmi les réglages généraux, trois écarts résument l’essentiel des résultats.

Oliveira n’a pas testé d’autres téléphones, ni des usages avec plusieurs applications ouvertes en même temps. Il n’a retenu comme significatifs que les écarts avec p inférieur à 0,05, à l’aide d’un test de Mann-Whitney, parce que les données ne suivaient pas une distribution normale.

Les scripts tapent, défilent et regardent une vidéo fixe. Une soirée réelle mélange le réseau, les notifications, les allers-retours entre applications et les pauses. Dans ce cadre seulement, l’écran poussé vers sa luminosité maximale a coûté davantage que le thème sombre, la définition vidéo ou le mode avion.

Le résultat le plus simple reste donc le plus solide dans cet essai : sur ce Galaxy S23 Ultra, la luminosité a pesé bien plus lourd que le thème sombre. Le reste dépend davantage de l’application, de la durée et du réglage choisi.