Il vous arrive régulièrement de sombrer dans une forme incompréhensible de morosité, d’être désenchanté, cafardeux…
Sans raison apparente (cette notion est importante) vous vous trouvez envahi(e) d’une forme de mélancolie, de tristesse et vous vous réfugiez dans vos souvenirs du passé.
Cela vous fait du bien à court terme, et soudainement cela vous plonge dans un pessimisme excessif qui peut même faire perdre à un être toute sa confiance vous empêchant de poursuivre votre vrai but sur terre… la réalisation de votre mission de vie.
Aucun doute vous faites partie de ces êtres à la sensibilité exacerbée qui ressentent au fond d’eux-mêmes des émotions impalpables pour le plus grand nombre.
Dans cet article, nous allons tâcher de chercher à comprendre les origines de ces émois, de comprendre pourquoi la nostalgie rend triste et surtout d’entrevoir des solutions positives pour avoir confiance, prendre de la hauteur et dépasser les effets négatifs de ce sentiment qui peut vous amener à être malheureux.

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Le concept de nostalgie
Nostalgie ou mélancolie ?
Si l’on décompose l’origine du mot nostalgie, on peut l’associer à la définition « mal du pays ». Toute personne qui a déjà vécu loin de ses terres d’origine a déjà ressenti cette sensation.
Mêlant les souvenirs, les émotions et les images d’un lieu ou d’une scène vécue par le passé, ce sentiment est néanmoins accompagné d’une pointe de plaisir et d’amertume.
On se retrouve un peu triste, désabusé en repensant à des moments agréables de notre vie, qui nous manquent, que l’on regrette.
La mélancolie a une dimension supplémentaire, liée à un mal plus profond, à un abattement, à une déprime plus insidieuse.
D’un point de vue littéraire, Marcel Proust symbolise parfaitement cet état. L’auteur du roman « A la recherche du temps perdu », s’intéresse profondément à cette réflexion sur le temps qui passe au travers de son œuvre fleuve (sept tomes au total).

Les origines de la tristesse
Partant du constat que tout le monde n’est pas forcément sensible à cette perception avec la même intensité, il est intéressant de s’interroger sur ses origines possibles.
Pour répondre à cette question il est possible de se tourner vers la psychologie et plus précisément vers les travaux de Carl Jung.
Les travaux de ce dernier repris par de nombreux psychologues au cours du XX ème siècle, mirent en évidence l’existence de plusieurs fonctions cognitives chez l’être humain.
Parmi les 8 identifiées, 2 d’entre elles semblent étroitement liées au sentiment décrit dans l’oeuvre de Proust, et peuvent expliquer la tristesse du passé chez certaines personnes.
En effet, la nostalgie du passé semble directement corrélée à la fonction de « Sentiment Introverti » ainsi qu’à la fonction de « Sensation introvertie ».
La première est, selon le modèle MBTI issu des travaux du disciple de Freud, la fonction de prise de décisions de 4 des 16 profils identifiés. Les individus utilisant ce ressort avant d’agir cherchent avant tout la cohésion entre leurs pensées, leurs actes et leurs valeurs personnelles.
La « Sensation introvertie », est la fonction de recueil de l’information par laquelle l’individu compare les événements qu’il vit dans le présent, à la bibliothèque d’expériences qu’il a vécues et emmagasinées en lui, dans le passé.
En fin de compte, la moitié des individus fonctionnent au quotidien avec l’une de ces deux fonctions. Elle aura plus ou moins d’intensité en fonction de son ordre d’utilisation (en fonction dominante ou secondaire).
Parmi les 16 profils, celui de l’INFP (dit « l’idéaliste », comme l’était Marcel Proust) ou de l’ISFP (« l’artiste », comme Lady Diana par exemple) semblent les plus propices à ce penchant.
A ce stade de l’article, je ne peux que vous inviter à déterminer votre profil personnel et à en lire la description, pour savoir si votre fonctionnement cérébral explique votre impression permanente de désirs insatisfaits et désabusés.
Les idées associées
Dans le langage courant, il est fréquent de voir associées au sentiment de tristesse, certaines idées, plusieurs notions.
Cependant, toutes ces impressions sont systématiquement rattachées à des sensations à connotation pas vraiment positive voire même plutôt négative.
- En effet, le premier état lié quasi automatiquement à la nostalgie est celui de tristesse. Comme nous l’avons vu précédemment , cet état serait plus en lien avec le sentiment de mélancolie.
- Il n’en reste pas moins, que les personnes tournées vers le passé sont considérées dans l’inconscient collectif comme tristes voire de manière excessive, dépressives.
Le fait qu’elles soient focalisées sur des événements terminés et qu’elles ne revivront plus jamais (pas de la même façon en tous cas), fait qu’on considère qu’elles ne font pas partie du monde des vivants.
C’est comme si elles vivaient dans un univers parallèle entourées de leurs souvenirs, des personnes de leur passé sans pouvoir agir dans le présent.
Car deux autres idées associées dans l’esprit collectif à la nostalgie sont celles :
- de fragilité
- et de sensibilité
Les individus, caractérisés par ce tempérament, semblent plus subir leur vie, accuser leur quotidien, plutôt qu’être en mesure d’inverser le cours des choses.

Pourquoi est-on nostalgique ?
Insatisfaction dans le présent
Comme nous venons indirectement d’en convenir, les personnes nostalgiques ont une relation toute particulière au temps.
On pourrait résumer cela à un inconfort à vivre dans le présent et une prédilection à se réfugier dans le passé.
Pourquoi ? Car le passé est connu et choisi.
Par là, j’entends que l’énorme avantage à vivre dans le passé pour certains individus émotifs, c’est qu’ils sont sûrs de ne pas avoir de mauvaises surprises, de ne pas vivre d’expériences inconfortables.
En existant et revivant ses souvenirs on peut choisir le moment de sa vie que l’on souhaite traverser de nouveau. Cette idée de choix est essentielle car elle donne le pouvoir et la maîtrise des faits qui est impossible dans la vie instantanée.
Suivant cette logique, il est possible de rattacher la notion de nostalgie à celle de confiance en soi, et d’estime de soi.
Avec de l’assurance on affronte plus facilement les incertitudes du futur qui nous attend, on se jette dans le bain sans retenue convaincu que tout est possible.
Peur du futur
Effectivement, je suis convaincu que les personnes qui se réfugient dans leurs souvenirs, dans leur mémoire le font autant pour retrouver des pensées agréables que par peur de ce qui les attend désormais.
En quelque sorte, ils manquent de confiance en eux !
Cela peut être tout d’abord la peur de ne pas vivre aussi intensément que ce qu’elles ont pu connaître dans leur passé lointain. A force de repenser à ce vécu qui procura d’énormes satisfactions on glorifie parfois de manière excessive (car le cerveau est trompeur) un vécu que l’on croit désormais inatteignable.
Ceci amène à la seconde idée contenue dans cette peur du futur : l’idée qu’il sera forcément moins bien.
Finalement, cela se rapproche d’une forme de pessimisme au regard de notre vie à venir. Comme si le meilleur était passé et que quoi que l’on fasse, quoi que l’on entreprenne, on ne puisse atteindre un tel niveau de plénitude.
La nostalgie apparaît donc comme un fléau qui enferme l’individu dans une prison confortable. Certes on s’y sent bien, mas on ne peut plus rien entreprendre de neuf… On est condamné !

Trop sensible et attaché à des détails
Une autre raison pouvant expliquer cette tendance à vivre dans ses souvenirs, peut être la sensibilité de la personne.
Si l’on revient sur les fonctions cognitives décrites par le MBTI, celle de la « Sensation introvertie », citée précédemment est également souvent à l’origine de cette sensibilité.
Le modèle décrit cette fonction comme celle par laquelle l’être humain engrange des données sensorielles (liées aux 5 sens donc), dans le but de les réutiliser plus tard.
Il s’agit donc de mettre à profit les expériences vécues dans le passé avec toutes les sensations qui y sont associées pour mieux appréhender le moment présent, l’instant vécu.
Là aussi on considère que parmi les 16 profils, 4 d’entre eux vont y faire appel spontanément. Les profils ISTP (dit « l’artisan » ) et ISFJ (surnommé « le protecteur ») sont ceux qui l’utilisent prioritairement, qui sont le plus à l’aise pour y faire appel.
Et si c’était une chance ?
Ressentir des choses que les cartésiens ne connaissent pas
Depuis le début de cet article, nous abordons ce sentiment de spleen, de « madeleine de Proust », de manière assez négative, fataliste même.
Et s’il était possible de considérer cette faculté, ce fonctionnement naturel, comme une chance ?
Car certes tristesse nostalgique et mélancolie sont souvent vécues comme des états douloureux, mais les gens qui y sont le plus souvent exposés sont également ceux qui sont les plus susceptibles de percevoir une forme de bonheur indicible.
Ceux qui font appel de manière privilégiée à leur mental et à leur esprit cartésien quand ils doivent prendre des décisions, se privent en quelques sortes de ces banques de données intérieures.
Ils ne connaissent que très mal l’immensité des informations collectées par les personnes dites « sensitives » qui ressentent et vivent les faits en les comparant immédiatement à leurs expériences passées.
Les personnes dites nostalgiques peuvent inverser la tendance et orienter leur fonctionnement naturel vers le positif.
Finalement, toute la difficulté, réside dans le fait de réussir à se concentrer sur les sensations positives et à changer son état d’esprit pour se dépasser, comme nous allons le voir dans la troisième partie.
Comment cesser de regarder derrière soi ?
S’accepter et prendre conscience de ses forces
La première des clefs qu’il est nécessaire d’actionner pour ne plus vivre dans le passé, se dévaloriser et pour vaincre sa nostalgie est tout simplement de commencer par s’accepter tel que l’on est.
Vous êtes d’une sensibilité à fleur de peau ? Vous avez une fâcheuse tendance à aimer vous remémorer vos plus beaux souvenirs avec des êtres aimés ?
Soit !
Vous êtes comme cela, acceptez le ! Acceptez tous les inconvénients mais ayez conscience qu’utiliser à juste dose cette faculté est une chance !
« Consommez avec modération », cela ne peut que vous faire du bien. Mais comme de toutes les bonnes choses, il ne faut pas en abuser.
Il faut juste éviter de se complaire dans sa mémoire, de subir par facilité, goût de l’inaction et chercher volontairement (ce qui est contre nature par essence) à sortir de sa zone de confort.
Mais, si vous apprenez à vous connaître vous pouvez mettre votre aisance naturelle à profit pour explorer un monde de détails sensoriels infini auquel peu de gens ont accès !
Cette capacité à savourer l’instant présent avec ses 5 sens est un vrai don !
D’un point de vue professionnel de nombreux métiers de bouche comme ceux de cuisiniers ou de sommeliers sont des voies tracées dans lesquelles ces personnes s’épanouissent etc…
Bref, tout commence par le fait d’apprendre à se connaître pour apprendre à s’accepter et voir les côtés positifs liés à cette tendance à la tristesse.

Travailler à maîtriser sa sensibilité (sa fonction « Feeling »)
Dans la même idée que de prendre conscience de ses forces, il est nécessaire d’apprendre à connaître et à accepter ses faiblesses (pour mieux les vivre et ne plus avoir peur d’échouer).
Le MBTI explique très simplement que chacun des 16 profils, a des forces et des points de faiblesse.
Accepter que notre sensibilité liée à notre fonction « Feeling » fait partie de nous est une première chose et permet également de dépasser l’importance que l’on accorde au regard des autres.
Pour la contrebalancer et en atténuer les excès il est capital de chercher à développer la fonction « Thinking », de la logique, qui peut nous aider à ne plus écouter exclusivement notre cœur.
Même si cela ne sera jamais un premier réflexe, en essayant d’analyser les événements de manière détachée, froide, il est possible d’atténuer nos réactions impulsives.
Faites le test et vous en saurez plus sur vous même en comprenant et prenant conscience du pourquoi de vos agissements. Ceci est un excellent moyen de pallier à vos carences !
La nostalgie peut nous vouloir du mal si elle n’est pas orientée comme une source de plaisir mais comme un lieu de complaintes et de défaitisme ! Dans ce genre de cas elle pousse à se lamenter sur son sort et conduit au fait de se renfermer sur soi-même, d’être renfrogné voire triste et mal dans sa peau…
Regarder l’avenir, faire des projets, agir et relativiser
Et si finalement, l’orientation de nos pensées n’était pas la solution à nos maux ?
Et si la solution, n’était tout simplement pas de cesser de regarder vers le passé, et d’arrêter de ressasser des souvenirs honteux et douloureux en se concentrant sur l’instant présent ?
Loin de vouloir enfoncer une porte ouverte, l’idée derrière cette conclusion est de tout mettre en œuvre pour vivre l’instant présent à 100 %.
On peut penser à la méditation, aux techniques de respiration, à la sophrologie certes.
Mais la méthode que je pense être encore plus simple et naturelle est celle de faire des projets.
Tout bêtement, en ambitionnant un futur voyage, un projet familial, un grand chantier qui nous tient à cœur (et qui va nécessiter toute notre énergie), on focalise notre attention sur l’avenir.
On empêche ainsi notre esprit de se laisser aller à divaguer et à suivre notre tendance naturelle à la déprime, à la mélancolie et on favorise le fait de prendre confiance en soi.
L’idée vise en fin de compte à lutter contre les souvenirs néfastes (car accompagnés de tristesse) grâce à des intentions stimulantes.
Cela envoie uniquement des bons signaux à notre cerveau et nous empêche d’entretenir des amertumes.
En passant à l’action, en œuvrant pour notre bien-être futur, on se met sur les bons rails et surtout on se dote d’un état d’esprit positif et constructif.

Que faire de nos souvenirs ?
Commencer par faire du tri dans notre mémoire
Avant toute chose il est important d’entamer une démarche volontaire concernant nos réminiscences du passé.
Par là je pense qu’il est nécessaire de prendre conscience que nous pouvons agir et modeler cette partie de notre cerveau.
Malheureusement, trop de personnes subissent leurs souvenirs. C’est à dire que n’ayant pas pris l’ascendant sur leurs pensées elles auront tendance à éprouver et souffrir de ce que leur cerveau leur impose.
Ainsi, elles risquent de fréquemment devoir endurer certains flashs, certaines images, mais également les sensations que leur cerveau y associe.
D’ailleurs en MBTI certains profils sont naturellement plus sujets à ce type de rappels inconscients.
Si ce n’est pas déjà fait je vous engage vivement à faire le test maison (qui n’a donc rien d’officiel) que je propose et de lire le descriptif associé à votre profil psychologique.
Faire disparaître (progressivement) les mauvais souvenirs
Une fois cette prise de conscience effectuée, l’individu doit écarter tout ce qui fait partie des évocations douloureuses.
Eviter de repenser aux mauvais moments de son existence n’est pas si évident contrairement à ce que l’on pourrait croire.
En effet, il existe une mémoire inconsciente basée sur nos sens qui fait qu’une odeur, une musique ou n’importe quelle autre sollicitation de nos sens peut faire ressurgir à tout moment.
C’est un peu comme l’histoire de la madeleine de Proust mais dans l’autre sens. Cette dernière nous projette inconsciemment et brutalement dans une scène de notre vie passée que l’on aurait préféré oublier.
Le fait que cette mémoire soit enfouie en nous sans que nous ne la maîtrisions la rend sournoise et menaçante à tout instant.
D’autre part, notre cerveau humain est le fruit de l’évolution génétique depuis la nuit des temps de notre espèce.
Ainsi notre inconscient (encore lui) a été façonné bien avant notre naissance. Nous portons en nous des gènes liés à notre race qui ont permis à l’espèce humaine de survivre.
Parmi eux la méfiance à l’égard du monde extérieur fondée sur notre expérience.
Entretenir les bons moments du passé sans s’y complaire
Mais les évocations du passé ne sont pas toujours négatives et douloureuses… Heureusement !
Au même titre que chaque individu doit faire un travail pour canaliser sa mémoire « pesante », il doit entretenir les bons moments vécus.
Une fois détecté le parfum qui le transporte quelques années auparavant, une fois découvert les effets que certains souvenirs ont sur son humeur, il peut jouer avec à sa guise.
Et quel merveilleux terrain de jeu !
Le seul risque est de s’y complaire et de ne plus vivre au présent…
A Retenir
Finalement nous l’avons vu, tous les êtres ne sont pas égaux face aux effets de la nostalgie. Peut-être vous êtes vous reconnu(e) dans cette tendance à vous complaire et à subir certains évènements de votre vie…
Mais vous n’êtes peut-être pas aussi imperméable aux influences du passé que d’autres ?
Pour éviter de tomber dans un état d’esprit triste, de s’affirmer et trouver les moyens de se dépasser, il est essentiel de savoir comment lâcher prise et commencer comme dans tout bon diagnostic, par un état des lieux.
- Comprendre d’où vous viennent ces émotions,
- S’accepter comme on est,
- désamorcer ces sentiments,
- et mettre en place des actions pour y pallier.
Il n’est pas question ici de chercher à oublier son passé ou de nier ses expériences vécues. Après tout c’est tout cela qui fait ce que vous êtes aujourd’hui une belle personne.
Mais par une prise de conscience de qui nous sommes, en contrôlant son rapport au temps qui passe et en se resituant sur l’échelle de notre vie, il est possible à quiconque de changer des chagrins en espoirs et de dépasser son manque de confiance. Chacun sa philosophie du bonheur, son chemin d’accomplissement !