Certains vous diront que l’ennemi n° 1 quand on veut reprendre confiance en soi, ce sont les émotions. Qu’il est absolument nécessaire d’apprendre à maitriser ses émotions, faire face quand la colère, la panique ou la jalousie nous envahissent.
Certes, savoir garder son sang-froid est utile dans bien des cas.
Mais trop vouloir contrôler, gérer ou réguler ses émotions sans chercher à les comprendre nous mène souvent à reproduire des comportements destructeurs ou stériles. Cela est directement en lien avec l’influence de l’univers, si on s’intéresse à la Loi de l’attraction et à comment l’utiliser ?
Les pensées ou émotions « dites » négatives tout comme les rêves, bien souvent peu considérés, ont tout à fait leur place et leur utilité dans notre réalité quotidienne.
En nous alertant de manière plus ou mois agréable, ils représentent des moteurs de transformation Je vous invite pendant ces quelques minutes de lecture à regarder différemment le rôle des rêves et des émotions pour découvrir leur potentiel de réalignement vers plus de cohérence, de calme et de sérénité.
Alors si cela vous tente, montez maintenant à bord et voguons ensemble sur le fleuve Émotion.
Nous ferons escale au port des neurosciences, sur les rives de la psychologie puis nous visiterons l’affluent de la guidance personnalisée par les rêves.

Présentation de l’auteure :
Cette semaine j’accueille sur le blog, Marie, qui nous évoque dans son article la relation entre les émotions et les rêves.
Bonjour, je suis Marie du blog « Lune de rêves ». Educatrice spécialisée mais aussi rêveuse, voyageuse et chercheuse en vie meilleure, j’ai la chance de publier un article invité sur le thème des émotions et des rêves. J’espère que vous l’apprécierez. Bonne lecture !
Table of Contents
Les recherches neuroscientifiques prouvent le rôle régulateur des rêves sur les émotions
Les neurosciences regroupent tous les travaux scientifiques sur le système nerveux et le fonctionnement du cerveau humain.
Parmi les multiples domaines de recherche, plusieurs milliers de laboratoires dans le monde s’intéressent aujourd’hui au sommeil et aux rêves.
Les études qu’ils mènent participent à une nouvelle compréhension du phénomène du rêve, notamment sur sa fonction naturelle de régulation des émotions.
Comment nos cerveaux perçoivent-ils la peur dans les rêves ?
Le 25 novembre 2019, l’Université de Genève publiait un communiqué de presse intitulé « Quand les rêves nous préparent à affronter nos peurs ».
Les chercheurs de l’Université suisse, en collaboration avec l’Université du Wisconsin (États-Unis), ont identifié les zones cérébrales actives lorsque la peur est ressentie en rêve.
Les principales régions cérébrales influentes pendant les rêves angoissants sont impliquées également dans le contrôle des émotions à l’état de veille :
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l’insula, appelée aussi cortex insulaire, est généralement associée aux fonctions limbiques (cerveau émotionnel). Systématiquement activé dans les situations stressantes, il joue aussi un rôle dans l’évaluation des émotions à l’état de veille ;
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le cortex cingulaire a pour fonction la préparation des réactions motrices et comportementales en cas de danger ;
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l’amygdale joue un rôle essentiel dans la gestion de nos émotions, en particulier nos réactions de peur et d’anxiété.

Image par Pezibear de Pixabay
Cette étude a démontré que la peur ressentie en rêve et à l’état de veille, active ces mêmes régions du cerveau.
Les chercheurs ont ensuite comparé les IRM des participants face à des images émotionnellement négatives.
Ils ont ainsi mis en évidence que les personnes qui avaient davantage ressenti la peur pendant leurs rêves géraient mieux leurs émotions quand ils y étaient confrontés à l’état de veille.
« Les rêves peuvent être considérés comme un véritable entraînement de nos futures réactions et peuvent potentiellement nous préparer à affronter les dangers ».
Lampros Perogamvros.
chercheur dans le laboratoire Sommeil et Cognition de l’Université de Genève (UNIGE)
Quand nous rêvons, les parties du cerveau responsables des émotions se déchaînent alors que celles qui les régulent à l’état de veille sont mises en sourdine.
Voilà pourquoi les émotions et images perçues en rêves semblent si vraies et intenses. Pour en apprendre davantage sur ce qui se passe dans nos cerveaux quand nous dormons et rêvons.
Comment les rêves permettent-ils de mieux maitriser ses émotions ?
Chaque nuit, le cerveau trie, filtre en quelque sorte, toutes les émotions ressenties pendant la journée. Plusieurs études ont confirmé la théorie selon laquelle les rêves permettent d’évacuer les émotions désagréables.
Parmi les personnes qui viennent de divorcer par exemple, celles qui rêvent le plus de leur ex-conjoint(e) souffrent moins longtemps de cette situation.
Le rêve permet de digérer les émotions vécues de façon négatives, estomper, transformer la colère, la tristesse, la culpabilité ou la rancœur.
Le laboratoire des rêves et des cauchemars de Montréal a publié une étude sur le lien entre la difficulté à exprimer les émotions (alexithymie) et les rêves.
Les personnes alexithymiques se souviennent moins souvent de leurs rêves. En comparaison avec les sujets contrôles, leurs rêves se révèlent plus banals et moins intenses émotionnellement.
Cela ne veut pas dire que vous souffrez de cette maladie si vous ne vous souvenez peu de vos rêves ! Cependant il existe quelques astuces pour y remédier.
Les applications de la science des rêves sur la gestion des émotions
Selon ces diverses études, il a été mis en lumière que nous rêvons pour :
- contrôler nos angoisses ;
- entrainer notre cerveau à réagir à des situations stressantes, réviser nos examens ;
- dissoudre les émotions dites négatives, guérir d’évènements traumatiques ;
- développer nos capacités à exprimer nos émotions et notre créativité ;
- faciliter l’apprentissage et l’assimilation de nouvelles connaissances.
Privés de sommeil paradoxal, nous risquons l’effondrement.
Le sommeil et les rêves sont indispensables à notre santé. Les applications des recherches neuroscientifiques sur les rêves ont d’ailleurs ouvert des perspectives thérapeutiques prometteuses.
Il est aujourd’hui de plus en plus largement admis qu’on peut se libérer des cauchemars récurrents, apprivoiser ses angoisses et son anxiété grâce aux rêves lucides.
La prévention de certaines maladies ou l’atténuation de symptômes est également de nouveau étudiée.

Image par Anastasia Gepp de Pixabay
En permettant d’assimiler ses sentiments, de mieux apprendre à gérer ses émotions et de les vivre intensément, les rêves agissent sur nous qu’on le cherche ou non.
Oser regarder par la fenêtre qu’ils ouvrent sur les peurs, désirs et espoirs que nous n’avions pas perçus consciemment peut nous permettre de comprendre et résoudre des problèmes émotionnels.
C’est ce que d’autres spécialistes tentent de faire depuis des siècles : extraire le sens, la signification des rêves pour percer les secrets et les profondeurs de la psyché humaine.
Remontons un peu notre fleuve Émotion vers l’histoire moderne de l’interprétation des rêves.
L’interprétation psychologique des rêves : du rêve poubelle de Freud au rêve initiatique de Jung
Considéré comme canal vers l’au-delà dans de nombreuses traditions religieuses antiques, le rêve fut longtemps considéré comme une fenêtre sur l’avenir.
Médecins, hommes politiques, inventeurs, sans parler des artistes, s’en servaient pour appuyer leurs diagnostics, décisions, recherches, créations.
Tantôt vénérés, reniés, discrédités, les mystères des rêves ont donné naissance à d’innombrables théories pas toujours très étayées…
Deux grands noms de la psychologie moderne donnèrent au rêve un nouveau statut et une légitimité moins mystique : Sigmund Freud, le père de la psychanalyse et Carl Gustav Jung, grand-père du MBTI, bien connu des lecteurs de ce blog et fondateur de la psychologie analytique.
La théorie freudienne : expulser ses peurs et ses pulsions par les rêves
Freud plaça l’interprétation des rêves au centre de la nouvelle discipline qu’il créa au début du XXe siècle, la psychanalyse.
Selon lui, les songes donnaient accès aux désirs intimes ou refoulés par notre inconscient. Les examiner offrait donc un moyen de traiter les névroses.
« Les rêves représentent la voie royale vers la connaissance des activités inconscientes de l’esprit. »
Sigmund Freud, L’interprétation des rêves
Le rêve selon Freud s’interpose dans notre perception de nous même pour nous protéger de ce que nous ne pourrions pas supporter.
Il distinguait le « contenu manifeste » (les images et scénarios de nos rêves dont nous nous souvenons) du « contenu latent » (les désirs et émotions réprimées qui les inspirent).
Durant la journée, le mécanisme de contrôle de l’esprit qu’il nommait « censeur » tient à l’écart les pensées menaçantes ou socialement inavouables.
Elles s’expriment et se frayent un chemin vers la conscience durant notre sommeil, à travers les rêves.
L’inconscient était considéré ici comme le terreau de nos désirs primaires refoulés et les rêves, comme une sorte de purge.
Ils nous permettraient d’expulser nos fantasmes sexuels, peurs et désirs incontrôlables pour maintenir notre équilibre psychique.
La théorie jungienne : le rêve guide vers l’unification de l’individu
Un autre psychiatre suisse passionné par les rêves poursuivit le travail de Freud.
De leurs correspondances et rencontres enthousiastes dans un premier temps, naquit une profonde dissonance qui mena à la rupture entre les deux hommes.
Jung critiquait Freud sur son obsession pour le sexe dans l’interprétation des rêves et le rôle limité qu’il vouait à l’inconscient.
Pour Jung, les rêves enseignent et révèlent les secrets de notre personnalité et de notre vie intérieure.
À travers les concepts d’inconscient collectif et inconscient individuel, les archétypes, ou encore le principe féminin et le principe masculin (anima et animus), son Œuvre nous permet de mettre en lumière et d’intégrer les parties de notre psychisme restées dans l’ombre, négligées, réduites au silence.
« Le rêve donne une image vraie de l’état subjectif, alors que l’esprit conscient nie son existence ou ne le reconnaît qu’à contrecœur. »

Image par Gerd Altmann de Pixabay
Interpréter ses rêves c’est devenir conscient et maitre de ce qui guide nos (ré)actions
Les rêves nous permettent de réguler nos émotions naturellement pendant notre sommeil.
Leur interprétation rend accessibles nos désirs réprimés, mais aussi nos ressources inexploitées et tous les rouages qui s’interposent, échappant à notre conscience.
Comme d’autres disciplines favorisant le bien-être, l’interprétation des rêves permet d’apaiser, comprendre ses réactions, mieux maitriser ses émotions et gagner en confiance en soi.
Pas dans le sens de contrôler, dompter pour faire taire nos vives réactions. Cela reviendrait à lutter contre quelque chose de nécessaire.
Au contraire, les émotions présentes dans nos rêves comme dans nos vies réveillées, nous permettent de retourner comme leur étymologie le suggère, à ce qui remet en mouvement.
Elles nous donnent l’occasion de redresser la barre de notre embarcation sur le fleuve Émotion quand une crue menace, un affluent que nous avons emprunté devient dangereux, néfaste ou qu’une tempête éclate dans notre entourage.
L’illogisme des rêves révèle nos incohérences et nos angoisses
Sans filtres, ambigus, burlesques ou terriblement angoissants, les rêves peuvent surprendre, déranger, perturber fortement. Leur aspect étrange et parfois décousu donne libre cours à bon nombre de préjugés :
- ils n’ont aucune logique donc aucun sens ;
- ils représentent un refuge dans l’imaginaire, une fuite de la réalité ;
- ils nous déconnectent de notre quotidien, s’opposent à la maitrise de soi.
En prenant un peu de recul, ne peut-on pas en dire autant de nos croyances limitantes, nos peurs, nos incohérences ? Nos rêves, comme nos émotions, nos pensées expriment et décrivent notre perception de la réalité.
Nous ressentons de la colère, des désirs, de la méfiance.
Nous pensons vivre des injustices, des manques ou des trahisons. Et nous pouvons par exemple rêver que notre femme (mari) nous trompe, que nous nous retrouvons nus en public ou que nous sommes poursuivis par une bête féroce ou un serial killer…

De manière générale, les rêves d’infidélité révèlent une tromperie de soi à soi, envers ses propres valeurs.
Les tenues inappropriées dans les lieux publics évoquent la peur du jugement, la timidité, la crainte du regard des autres…
Et les rêves et cauchemars de poursuite ou d’agression traduisent un sentiment de menace, souvent en rapport avec notre propre tendance à nous autocritiquer, nous dévaloriser.
L’image du serial killer par exemple évoque ce fonctionnement destructeur qui tue à répétition de beaux et innocents aspects de nous-mêmes.
Évidemment, ces pistes d’interprétation sont à nuancer en fonction de chaque rêveur et des autres éléments de son rêve mais elles permettent de déjà de s’accepter comme on est et d’avoir plus de tolérance envers soi-même.
L’interprétation des rêves développe notre intelligence émotionnelle
Le langage des rêves possède sa propre logique, celle des symboles. Parfois très parlants ou complètement obscurs, les scénarios et images oniriques sont souvent chargés émotionnellement.
On peut se réveiller tantôt en sueur après un terrible cauchemar, embarrassé par un rêve érotique avec son patron ou dynamisé par un voyage extraordinaire qui donne une pêche d’enfer toute la journée.
La plupart des gens ne prennent pas le temps de noter ni d’interpréter leurs rêves. Parce qu’ils préfèrent continuer à penser que l’interprétation des rêves est du charlatanisme pour les amateurs de mystique, qu’il n’est pas possible ou à leur portée de comprendre un rêve ou qu’ils préfèrent continuer à rêver de manière abstraite plutôt que de remettre en question concrètement leur personne pour grandir.
Pourtant, les rêves sont de précieux alliés pour mieux comprendre et maitriser ses émotions, au quotidien. Une fois interprétés, ils nous permettent de prendre conscience :
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des émotions ressenties la veille, de les identifier, les reconnaître et les nommer ;
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des évènements, paroles, comportements qui ont déclenché ces émotions ;
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des comportements, habitudes de pensées ou d’agir qui nous freinent, nous paralysent, nous emprisonnent dans nos zones de confort et réactions incohérentes ;
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du décalage avec nos désirs profonds, nos objectifs, nos engagements.
Compilant nos mémoires, notre actualité quotidienne avec notre intelligence profonde, les rêves nous offrent des opportunités de mieux nous connaître et nous réaliser chaque nuit.
L’interprétation des rêves enseigne de façon personnalisée à maitriser ses émotions
Vous faites souvent des rêves peu agréables, voire désagréables ?
Rassurez-vous, c’est normal ! Certaines personnes rêvent régulièrement d’agression ou de poursuite tandis que d’autres se souviennent avoir attaqué ou provoqué les personnages de leurs rêves.
Selon une étude menée par Calvin Hall et Robert Van de Casteele, deux psychologues américains des années 1940, les rencontres violentes en rêve sont deux fois plus fréquentes que les amicales.
Les rêves mettent en scène nos conflits internes et révèlent le fonctionnement de notre esprit, notre rapport aux autres, au monde extérieur.
Antti Revonsuo, un neuroscientifique finlandais a également relevé dans les années 1990 que la plupart des émotions présentes dans les rêves sont ressenties comme négatives.
Les plus courantes sont la peur, l’impuissance, l’anxiété et la culpabilité.
Chaque nuit, en réorganisant les informations, pensées, émotions perçues pendant la journée, notre cerveau crée une sorte de « film maison ».
Ce scénario personnalisé emprunte et mélange émotions, personnages, symboles issus de notre entourage et de notre mémoire. En nous mettant face à nos perspectives, peurs et croyances, les rêves nous encouragent ou nous alertent sur nos actions concrètes.
L’interprétation des rêves offre un voyage vers la connaissance de soi en faisant émerger à la conscience ce qui a besoin de l’être en rapport avec ce que l’on vit : les blocages et les ressources auxquels nous n’avons pas accès.
L’analyse des rêves a souvent été rejetée sans avoir été expérimentée, dénigrée par incompréhension, méfiance ou manque de courage.
Des disciplines aujourd’hui reconnues pour leurs vertus apaisantes et thérapeutiques ont longtemps souffert du même traitement : yoga, sophrologie, méditation ou hypnose…
Grâce aux travaux des neurosciences, le sommeil et les rêves sortent enfin de l’ombre.
De vieilles connaissances oubliées retrouvent une légitimité.
Le monde infesté dans lequel nous vivons pourrait-il y trouver des réponses aux enjeux de notre époque (mais aussi aux nombreux symptômes de manque de confiance en soi dont traite ce blog).
C’est mon point de vue et mon expérience d’aujourd’hui.
Sur les traces d’Artémidore, de Gandhi, de Jung, des spécialistes contemporains des rêves, des fragments et mémoires que je visite chaque nuit, j’emprunte le chemin de la transformation intérieure.
Je partage mes découvertes et égarements dans les mystères du monde onirique sur le blog Lune-de-reves.com

Image par Gerd Altmann de Pixabay
La voie des rêves nécessite du temps, de la pratique, une certaine humilité et de l’ouverture d’esprit mais elle peut contribuer à comprendre son propre degré de confiance en soi.
En effet, les rêves ne disent pas ce que l’on souhaite entendre. L’égo s’en charge déjà ! Ne commencez à explorer le contenu de vos rêves uniquement si vous êtes prêt(e)s à vous remettre en question.
En revanche, si vous souhaitez apprendre à gérer vos émotions, à développer votre intelligence émotionnelle, approfondir votre connaissance de vous-même et bâtir une vie réellement en accord avec votre nature profonde, vos rêves sont là pour ça ! Ecoutez-les !